sabato 16 luglio 2016

Sail Mohamed Ameriane ben Amerzaine (October 14, 1894 – April 1953)

Sail Mohamed

Sail Mohamed Ameriane ben Amerzaine (October 14, 1894 – April 1953) was an Algerian and French anarchist who fought in the Spanish Civil War. The French writer Jacques Prévert dedicated a poem to him.
Born in Kabylie, French Algeria, Sail Mohamed served in the French Colonial Forces. He was arrested for insubordination and desertion during the First World War. He then moved to France, where he was an activist in the Union Anarchiste (UA) and the Confédération Générale du Travail-Syndicaliste Révolutionnaire (CGT-SR) and was founder (in 1923) with his friend Sliman Kiouane of the Committee for the Defence of Indigenous Algerians, one of the first national liberation movements in French North Africa
He was a passionate anti-Stalinist, rejecting support from the Red Aid, a front organisation of the French Communist Party, when he was prosecuted by the French authorities for an anti-militarist article.
In 1936, he served in the Sébastien Faure Century, the French-speaking section of the Durruti Column, an anarchist anti-Francoist militia in Spain. In October 1936, he becomes the general delegate for foreign groups, replacing Bethomieu who died in Perdiguera. He was wounded in November and got back to France in December, after sending many letters describing the anarchist movement in Spain. As soon as he got better, he took part in the conferences organised by the Union Anarchiste on the realisation of the Spanish revolution.


Mohamed Saïl, de son nom complet MOHAND AMEZIAN ben Ameziane Saïl, né le 14 octobre 1894 à Taourirt, Souk Oufella (Algérie) et mort en avril 1953 à Bobigny (Seine) est un chauffeur mécanicien, puis réparateur de faïences, militant anarchiste et anarcho-syndicaliste, volontaire dans le groupe international de la colonne Durruti.
Jacques Prévert lui a dédié le poème Étranges étrangers.


Biographie

Mohamed Saïl est né le 14 octobre 1894 à Taourit-Aït-Ouaghlis (Sidi-Aich), en Kabylie. Comme beaucoup d’Algériens, il a peu fréquenté l’école. Chauffeur-mécanicien de profession, il vécut avec Madeleine Sagot. On sait peu de choses de sa jeunesse ; on apprend par un témoignage qu’il donne au Semeur de Normandie, le journal d’Alphonse Barbé, qu’il est interné pour insoumission puis pour désertion pendant la Première Guerre mondiale : « pendant près de quatre ans, en temps de guerre, je fus insoumis puis déserteur ». Ses sympathies pour le mouvement libertaire sont déjà affirmées.
Dès la reconstitution du mouvement libertaire, à la sortie de la Première Guerre mondiale, il adhère à l’Union anarchiste. En 1923, avec son ami Sliman Kiouane, il fonde le Comité de défense des indigènes algériens.
Entre 1924 et 1926, il semble avoir vécu en Algérie, où il collabore au journal Le Flambeau. Il y dénonce le colonialisme et le code de l’indigénat, et appelle les Algériens à l’instruction, à la révolte et à « rejoindre les groupes d’idées avancées ». À l’époque, il donna également des articles à L’Insurgé d’André Colomer et à L’Anarchie de Louis Louvet, sous la signature « un anarchiste kabyle ». En mai 1925, il fut emprisonné dix jours pour avoir critiqué « le régime des marabouts qui bernent les populations » dans un café à Sidi-Aïch (Kabylie).
En 1929, il est le secrétaire d’un nouveau Comité de défense des Algériens contre les provocations du centenaire. La France s’apprête à célébrer le centenaire de la conquête de l’Algérie (5 juillet 1830). L’ensemble du mouvement anarchiste dénonce le colonialisme : «  La civilisation ? Progrès ? Nous disons nous : assassinat ! ». Par la suite, il adhère à la CGT-SR, dans laquelle il crée la Section des indigènes algériens. L’année suivante, lors de l’exposition coloniale, le mouvement anarchiste reprend sa campagne contre le colonialisme.
En janvier 1932, installé à Aulnay-sous-Bois, il est le gérant du journal local L’Éveil social, qui parait de janvier 1932 à mai 1934 avant de fusionner avec Terre libre. Un article lui vaut des poursuites « provocation de militaire à la désobéissance ». Le Secours rouge international, organisation satellite du Parti communiste, lui apporte son soutien qu’il rejette au nom des victimes du stalinisme.

« L’affaire Mohamed Saïl »

Le 3 mars, quelques semaines après la manifestation des ligues du 6 février 1934, il est arrêté à Saint-Ouen par la police qui saisit chez lui quelques grenades et pistolets, « souvenirs de la dernière guerre » selon le Comité de défense sociale. Il est inculpé de « délit de port d’arme prohibée  ». Condamné à un mois de prison, puis à un autre mois pour « détention d’armes de guerre  », il reste quatre mois et demi, temps qui dépasse de deux mois et demi celui de ses deux condamnations3.
Il reprend ses activités militantes au sein de l’Union anarchiste et prend part aux débats sur l'organisation qui traversent le mouvement. Partisan d’une structure qui regroupe l’ensemble des courants anarchistes il développe son analyse en tenant compte des leçons espagnoles et de l’action qu’il mène à Aulnay-sous-Bois : «  Sachez que si notre groupe dépasse cent cinquante copains à l’heure actuelle, c’est parce que ses animateurs ne sont pas des rigolos mais des anarchistes sans compromission et que, s’ils sont de différentes écoles, ils ne connaissent avant tout qu’un seul idéal et une Anarchie » .

Volontaire en Espagne

Après le Coup d'État des 17 et 18 juillet 1936 et le début de la Révolution espagnole, Saïl, alors âgé de 42 ans, rejoint le Groupe international de la colonne Durruti avec notamment avec Louis Mercier-Vega et Charles Carpentier. Il devient, après la mort de Berthomieu à Perdiguera, le responsable du groupe. C’est lui qui le conduit à l’attaque à Quinto. Le 21 novembre 1936, en mission de reconnaissance, il est blessé au bras par une balle explosive à cent mètres des lignes franquistes. Hospitalisé à Barcelone, il regagne Aulnay en janvier 1937. Mutilé, il doit désormais exercer le métier de réparateur de faïences.
Le 17 mars 1937, il participe au meeting organisé à la Mutualité par l’ensemble des organisations de la gauche révolutionnaire, pour protester contre l’interdiction de l’Étoile nord-africaine, conduite par Messali Hadj, et contre la répression des manifestations en Tunisie qui a fait seize morts.
Du 11 au 13 novembre 1937, Saïl participe au congrès de l’Union anarchiste, dans laquelle il intervient pour rappeler les conditions de lutte en Espagne. Lucien Feuilllade, qui a retranscrit les propos de cette séance du congrès, a remplacé les propos de Saïl, qui comme à son habitude utilise des termes crus : « Pour avoir un fusil, j’aurais léché le cul d’un garde mobile  », par « ..., j’aurais fait toutes les concessions  ». (Le Libertaire n° 575, 11 novembre 1937). Saïl continue son travail de militant. À nouveau arrêté pour « provocation de militaire  », il est condamné en décembre 1938 à 18 mois de prison.

Durant la Seconde Guerre mondiale

Pour avoir, en septembre 1938, distribué des tracts contre la guerre, il est condamné à dix-huit mois de prison. En 1939, pour le même motif, il est arrêté et interné. C’est au cours de cette arrestation que sa bibliothèque est saisie, puis dispersée.
En 1941, il aurait été détenu au camp de Riom-ès-Montagnes (Cantal). Il aurait par la suite participé à la fabrication de faux papiers pour les compagnons recherchés.
Dès la Libération, Saïl reconstitue le groupe d’Aulnay-sous-Bois et essaye de reformer des comités d’anarchistes algériens. Il tient dans Le Libertaire une chronique de la situation en Algérie. En 1951, il est nommé responsable au sein de la commission syndicale aux questions nord-africaines. Il produit une série d’articles sur « Le calvaire des indigènes algériens ».
Dans les conflits qui déchirent la Fédération anarchiste en 1952-1953, il soutient, par ouvriérisme, la tendance de Georges Fontenis : « Mon vieux Fontenis, lui écrivait-il en janvier 1952, vous êtes jeunes pour la plupart des camarades dits majoritaires, et c’est pourquoi vous ignorez que vous êtes, vous, dans la véritable ligne traditionnelle de l’anarchisme ».
Mohamed Saïl meurt à la fin avril 1953 à l'l’hôpital franco-musulman à Bobigny est inhumé au cimetière musulman de Bobigny. Georges Fontenis prononce son éloge funèbre lors de ses funérailles le .

Textes

  • Appels aux travailleurs algériens, textes recueillis et présentés par Sylvain Boulouque, Groupe de Fresnes-Antony de la Fédération anarchiste, 1994, notice.
  • À bas l'indigénat, Le Flambeau, n°22, 1er-15 novembre 1924, texte intégral.
  • Le centenaire de la conquête de l’Algérie, La Voie libertaire n°30, 21 septembre 1929, texte intégral.
  • À l’opinion publique, La Voix libertaire n°55, 15 mars 1930, texte intégral.
  • La mentalité kabyle, Le Libertaire n°257, 16 février 1951, texte intégral, texte intégral.
Sail Mohamed
Full name Sail Mohamed Ameriane ben Amerzaine, born 14 October 1894 – Kabylie, Algeria, died April 1953
Sail Mohamed Ameriane ben Amerzaine (pictured above sitting front row centre) was born on 14 October 1894 at Tarbeit-Beni-Ouglis in the Berber region of Kabylie, Algeria.

Like many Algerians, he recieved little schooling. A driver-mechanic by trade, all his life he thirsted for culture and took great pains to educate himself. From a Muslim Berber background, he became a convined atheist. During the First World War he was interned for insubordination and then desertion from the French Army. His sympathies for anarchism were already developing.
At the end of the War, with the rebuilding of the anarchist movement, he joined the organisation Union Anarchiste (UA). In 1923, with his friend Sliman Kiouane, a singer, he founded the Committee for the Defence of Indigenous Algerians. In his first articles he denounced the poverty of the colonialised people and colonial exploitation. He became an expert on the North African situation. He organised meetings with the anarchist groups of the 17th arrondissement of Paris on the exploitation of North Africans, which were delivered both in Arabic and in French. Sail set up an anarchist group in Aulnay-sous-bois and became one of its most effective activists.
In 1929, he became secretary of a new committee: the Defence Committee of Algerians against the Centenary Provocation (France were preparing to celebrate the centenary of the conquest of Algeria on 5 July 1830). All the tendencies of the anarchist movement, the UA, the anarcho-syndicalist union the ‘Confederation Generale du Travail syndicaliste-revolutionnaire (CGT-SR) and the Association de Federalistes anarchistes denounced “Murderous colonialism, bloody masquerade”. They put forward the statement “Civilisation? Progress? We say, Murder!” Following this, Sail joined the CGT-SR, in which he created the Section of Indigenous Algerians. The following year, with the Colonial Exhibition in Paris, the anarchist movement restarted its campaign against colonialism. Sail was in the forefront of this struggle.
Social awakening
In January 1932, he became the director of L’Eveil Social (Social Awakening), le journal du peuple. Following an anti-militarist article he was prosecuted for “provocation of the military to disobedience”. The Secours Rouge International, a satellite organisation of the Communist Party, lent him their support, which he rejected in the name of the victims of Stalinism.
In 1934, the “Sail Mohamed Affair” burst onto the scene. The demonstration of the fascist and anti-Semetic Ligues on 6 February 1934 set off a chain reaction throughout the workers’ movement. Sail collected arms and hid them. On 3 March he was arrested for “carrying prohibited arms”. The workers’ movement gave him their support, except for the Communist Party, which denounced him as an agent provocateur. Condemned to a month in prison, then another for “retaining weapons of war” he ended up serving four months in jail. He resumed the struggle.
L’Eveil Sociale merged with Terre Libre (monthly paper of the Alliance Libre des anarchistes du Midi – see Paul Roussenq). Sail was responsible for bringing out the North African edition of Terre Libre. He attempted to set up an Anarchist Group of Indigenous Algerians, with various appeals in the anarchist press. At the same time he continued to be active with the Union Anarchiste.
Spain
After the Francoist uprising in Spain, Sail joined the Sebastian Faure Century, the French-speaking section of the Durruti Column, the anarchist militia unit in September 1936, becoming its commander. Wounded in the hand during November 1936, he returned to France, after having sent out many letters describing the situation of the Spanish anarchist movement.
After his wound was healed, he took part in many rallies organised by the Union Anarchiste on Spain. Immediately after this tour, he participated at a meeting organised by revolutionaries in Paris to protest against the banning of the Etoile Nord Africaine edited by Messali Hadj and against the repression of demonstrations in Tunisia, which had resulted in 16 dead. Again arrested for “provocation of the military” he was condemned to 18 months in prison in December 1938.
At the start of the Second World War, he was arrested again and put in a concentration camp at Riom. His large library was broken up after a raid. He escaped from there, forged false papers and went underground during the Occupation.
From 1944 he worked with others for the reconstruction of the anarchist movement. With the Liberation he set up the Aulnay-sous-bois group again, and tried to reform the Committee of Algerian Anarchists. In Le Libertaire, weekly paper of the Federation Anarchiste, he wrote a column on the situation in Algeria. He produced a series of articles on the “Calvary of the Indigenous Algerians”.
He died in April 1953. George Fontenis delivered an address in his honour in the name of the anarchist movement at his funeral on 30 April 1953.
Taken from Organise! #58 – Magazine of the Anarchist Federation

 

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